L’escalier des évaluations

 

Afin de permettre aux élèves de s’évaluer en français et en mathématiques, il existe dans la classe un système de ceintures. Il est dommage que cela n’existe pas encore dans les autres disciplines, mais je n’ai pas encore réussi à mettre en place cette organisation pour différentes raisons..

Pourquoi avoir mis en place un tel système ?

·         Pour que chaque enfant progresse à un rythme qui lui est propre, sans devoir suivre à tout prix ou au contraire attendre la majorité de la classe ;

·         Pour que chacun ait une vision claire de ce qu’il a déjà réussi et de ce qui lui reste à atteindre ;

·         Pour que l’enfant soit motivé par l’idée de grandir en apprenant.

 

Chaque enfant a un fichier avec la liste de toutes les épreuves d’évaluation correspondant à l’année du cycle. Il y a une liste pour les grandes sections, une pour les CP, une autre pour les CE1. Chacun a également un escalier.

Au CP, la première colonne de l’escalier comptabilise les épreuves de communication orale, la deuxième celles en lire-écrire, la troisième celles sur les nombres, et la dernière les épreuves d’espace et temps. Au CE1, il y a deux colonnes supplémentaires : problèmes et maîtrise de la langue.

Toutes les épreuves existent dès le début de l’année et les enfants passent les épreuves qu’ils souhaitent, au rythme qui leur est propre. Lorsque qu’une épreuve est réussie, l’enfant colorie un rond dans la colonne correspondante, en commençant par le bas de l’escalier. Si une épreuve est échouée, l’enfant peut la repasser autant de fois qu’il le souhaite. Il n’y a pas d’ordre de passation des épreuves : les élèves essayent ce pour quoi ils se sentent prêts, dans l’ordre qu’ils choisissent.

Lorsque tous les ronds de la première marche sont coloriés, l’élève est ceinture blanche de la classe. Je lui remets cette ceinture autour de la taille ; l’élève est chaleureusement applaudi, il s’exprime sur ce qu’il ressent et sur la façon dont il y est arrivé. Les autres peuvent lui poser des questions. Plus tard dans l’année, on peut devenir ceinture jaune, orange, verte, bleue, marron et enfin noire.

 

Comment faire pour laisser l’enfant choisir ses épreuves lorsqu’il est si jeune et souvent non lecteur ?

Avec les CE1, il existe un jour pour passer les épreuves de mathématiques, et un autre jour pour celles de français. Toutes les épreuves sont classées dans un fichier, dans lequel les élèves se servent librement. Ils n’ont pas le droit de se parler. Une épreuve se passe seul et sans aide. Je n’interviens que pour clarifier la consigne si nécessaire. On peut passer une ou plusieurs épreuves au cours d’une séance. Elles me sont ensuite remises pour que je les corrige.

Les CP passent les épreuves une fois par semaine. Ils feuillètent les fichiers et passent les épreuves qui semblent les intéresser. Ils me demandent souvent de l’aide pour effectuer ces choix, et je cherche avec eux ce qui correspond à leur besoin. Au cours de l’année, par la connaissance des fichiers et l’acquisition de la lecture, ils deviennent de plus en plus autonomes.

Les GS, quant à eux, ont chacun un classeur individuel dans lequel se trouvent toutes les épreuves qu’ils n’ont pas encore réussies. Ils tournent les pages de leur classeur et choisissent en fonction des illustrations, de ce qu’ils en comprennent. Je leur indique la consigne s’ils le demandent et ils font leur choix. Là encore, je les aide à choisir s’ils le souhaitent.

 

Qu’arrive-t-il si l’élève arrive à la ceinture noire avant la fin de l’année scolaire ?

Dans ce cas, il commence les épreuves de l’année suivante.

 

J’ai pu constater que cette forme d’évaluation est très motivante. Le fait d’échouer une épreuve n’est pas vécu comme une sanction sans appel, puisqu’on sait qu’on aura la possibilité d’essayer à nouveau. Les élèves, pour la plupart, ont envie de réussir, et d’apprendre pour réussir. La ceinture est un symbole très fort de la réussite. Elle est arborée par certains élèves tous les jours à l’école. L’escalier, quant à lui, symbolise le fait de grandir, de s’élever. Gravir une marche, c’est en quelque sorte s’élever, être de plus en plus grand…

 

Corinne Famelart