Paul Psaltopoulos, enseignant de la classe
Paul Psaltopoulos, enseignant de la classe

La classe du cycle 3

 

La classe du cycle 3, située au premier étage de l’école, accueille les élèves de CE2, de CM1 et de CM2. De la cour de récréation, on y monte par un escalier en pierre qui débouche sur un couloir éclairé par la lumière du jour. En arrivant, les enfants accrochent leurs vêtements aux portemanteaux du mur.

Le couloir permet d’accéder directement à la classe mais également à la salle informatique et au bureau de la direction. Toutes les pièces communiquent entre elles.

 

Entrons dans la salle de classe. La disposition en U des bureaux peut surprendre. Pour autant, c’est la seule qui permette à la fois de placer les enfants du CE2 au cœur de la classe, dans une forme d’accueil et de soutien symbolique du reste du groupe, et de favoriser l’attention de tous. La sollicitation extérieure est ainsi réduite, la circulation de la parole facilitée, les enfants mobilisés dans un sentiment fort d’appartenance au groupe.

 

Les principes de travail. La règle générale est la souplesse et la différenciation : être à l’écoute des difficultés, trouver des solutions pour chacun, prendre en compte la spécificité de chaque enfant pour l’amener à son niveau d’excellence. En classe, le collectif existe mais chaque enfant est également considéré pour lui-même. Il n’est pas « noyé dans la masse ». Les CE2 font l’objet des plus grandes sollicitations en début d’année.

Le tutorat est très développé. Chaque enfant peut apprendre des autres et peut apprendre aux autres. Ce système de soutien et d’entraide facilite le travail et l’intégration des CE2, mais il valorise aussi les CM et renforce leurs propres apprentissages.

Ce qui est profondément en jeu, au-delà de l’affirmation de l’importance des savoirs et de l’effort nécessaire pour les acquérir, c’est le pari de l’éducabilité de tous et la possibilité pour chacun d’accéder aux fondamentaux de la citoyenneté.

 

L’activité scolaire en classe se veut multiforme : collective, individuelle ou en petits groupes. Ce qui est prioritaire, c’est le développement d’une mise en projet personnel des élèves en sollicitant notamment leur curiosité par des défis, par des projets à court ou long terme, par des temps de débats quand une situation fait blocage. Mais pour autant, l’exigence de rigueur dans l’exécution du travail en classe ou des travaux de la maison reste en permanence clairement posée aux enfants.

 

L’emploi du temps de la classe permet aux enfants de connaitre et d’anticiper le déroulement des activités de la semaine. Chaque matin, le déroulement de la journée avec ses horaires précis est écrit au tableau. Nous commençons toujours par sa lecture. Ainsi, chacun est en mesure d’anticiper les spécificités de sa journée, de questionner ou de s’informer avant de s’installer à son travail.

 

Avec quels outils les enfants travaillent-ils ? Pour ranger leurs travaux de classe, les enfants disposent de deux classeurs : le classeur des leçons et le classeur des évaluations. Pour la science et la technologie, nous utilisons un cahier des expériences. Un cahier d’essai vient compléter cette liste. Très utilisé, ce dernier est le support des recherches et des prises de notes très fréquentes en classe.

Les enfants utilisent aussi un agenda pour noter leurs leçons. Plus pratique qu’un cahier de textes, il sert également de lien avec la famille.

Ces outils n’offrent pas qu’un aspect purement pratique. Ils exigent rigueur et soin, notamment pour le classement des documents de travail. Au fil des trois années du cycle, les enfants vont être ainsi sollicités dans ce domaine notamment par le biais des ceintures de comportement.

 

Les ceintures, justement, qu’est-ce donc ? Il s’agit d’un système d’évaluation propre à toute l’école. Constitué d’épreuves librement choisies qui permettent ensuite d’obtenir des « ceintures », il représente l’un des outils essentiels du fonctionnement de la classe. Ces ceintures permettent aux enfants de s’étalonner par rapport à leurs apprentissages tout en étant elles-mêmes un véritable temps de formation.

Pour un élève, obtenir une ceinture, c’est se confronter à une difficulté qu’il juge à sa portée, sans que cela aboutisse, en cas d’échec, à une sanction définitive. Au contraire, la possibilité de pouvoir recommencer l’épreuve autant de fois que nécessaire élimine le stress de l’évaluation traditionnelle et favorise la mise en projet. C’est aussi un mode d’évaluation juste puisqu’il permet à l’élève de passer une épreuve lorsqu’il se sent réellement prêt. Enfin, les épreuves se préoccupent également d’évaluer la communication orale et le comportement.

 

Les enfants écrivent beaucoup en classe, que ce soit lors des diverses prises de notes ou de la construction de textes. En compagnie des productions des autres classes, les textes ainsi produits peuvent paraitre sur le journal de l’école, P’tit Crack, après aboutissement du travail de correction. Préparations d’exposés ou de brevets pour les Marchés des connaissances complètent ces occasions multiples d’entrainer et d’améliorer la maitrise des règles de l’écrit. Enfin, la salle informatique attenante à la classe, et richement dotée d’ordinateurs récents, permet également par l’utilisation des logiciels courants de traitement de textes de parfaire ce travail d’écriture « manuelle ».

 

Les temps de débat et de réflexion jalonnent la semaine. Les enfants ont ainsi maintes occasions d’exercer leur réflexion ou leur esprit critique au cours des temps de philosophie ou lors des conseils de classe et de coopérative.

 

Le bilan de la journée offre aux enfants, juste avant la sortie, la possibilité d’exprimer un ressenti ou un point de vue sur un moment particulier des apprentissages. Ce qui est visé à cette occasion n’est pas simplement l’expression d’une appréciation personnelle mais une sorte d’invitation à rentrer dans une pensée rétrospective, un questionnement qui mette en valeur le vécu de la journée.

 

Les projets de l'année. Faisant suite au projet de création de chansons de l’an dernier, la chorale de l’école est de retour. Cette année, place aux chansons accompagnées de bandes sonores, aux écoutes musicales en fin de séance et aux percussions corporelles. Une façon de se renouveler tout en s’enrichissant.

 

Parallèlement à ce projet d’école, un projet de correspondance scolaire a démarré cette année avec une classe de CM1-CM2 située à Mulsanne, dans le département de la Sarthe.

 

C’est un projet majeur, motivant à plus d’un titre. Non seulement, il suscite chez les enfants une réelle envie d’écrire mais il servira également, tout au long de l’année, de support à bien des activités en lien direct avec la région choisie : géographie, histoire, mathématiques, sport…

 

Il invite aussi chaque enfant à se dépasser, à s’appliquer, à se montrer sous son meilleur jour. Il faut dire que la charge émotionnelle d’un tel projet est très forte. Pensez : tout d’abord, les enfants des deux classes vont s’écrire et échanger régulièrement pendant plusieurs mois. Puis ils se rencontreront à l’occasion d’un double échange, chaque classe accueillant respectivement ses correspondants sur cinq jours, lui faisant visiter et connaître son environnement proche ou lointain.

 

De surcroît, chaque enfant sera accueilli et hébergé dans la famille de son correspondant. Ce qui a pour effet d’en motiver vivement certains et d’en paralyser un peu quelques autres… Mais là se joue une expérience de vie unique dont tous les enfants en ressortent vraiment grandis et enrichis. Cela vaut bien tous les efforts consentis !

 

Paul Psaltopoulos